– Technique de la Gymnastique Fondamentale


 

Extrait du livre du Docteur Jean-Edouard RUFFIER 

« Traité pratique de gymnastique médicale » (édition épuisée)

 

TECHNIQUE DE LA GYMNASTIQUE FONDAMENTALE

 

La Gymnastique Fondamentale ne donne ses effets que correctement exécutés.

 Il importe d’abord d’associer une Gymnastique respira­toire efficace aux mouvements de Gymnastique musculati­ve.

On trouvera au chapitre consacrée à l’insuffisance res­piratoire, page 145 et suivantes toutes les indications à suivre pour exécuter correctement cette Gymnastique res­piratoire.

Nous ne ferons ici que résumer cette technique.

Il s’agit essentiellement

1°)  Dans le Premier temps, d’inspirer à fond, lentement, à bouche fermée et à narines ouvertes, tout l’air que l’on peut faire pénétrer dans les poumons ; cela en soulevant, en élargissant et en bombant la poitrine. Cette prise d’air s’exécute progressivement, et assez lentement, en 3 ou 4 secondes. Temps d’arrêt d’environ 2 secondes.

Second temps : Par la bouche légèrement entrouverte, expirer lentement et progressivement tout l’air inspiré laisser les côtes retomber, et finir d’expulser l’air en ren­trant le ventre, en contractant les muscles abdominaux. Cette expiration se fait en 3 ou 4 secondes.

Remarquons que presque tous les mouvements de la Gymnastique Fondamentale comprennent deux temps, l’un qui allonge, déploie le corps, l’autre qui le ramasse plus ou moins sur lui-même

C’est sur le temps qui allonge qu’il faut inspirer, sur le temps qui ramasse qu’il faut expirer.

On voit donc que tout en exécutant les mouvements, on ne cesse de respirer largement, régulièrement, sans pré­cipitation.

Il faut donc bien se pénétrer de la technique à suivre, telle qu’elle est décrite plus loin, page 143.

2°) La Gymnastique fondamentale et analytique, par ses trente à quarante mouvements met successivement en action des muscles ou des groupes musculaires différents, de façon que toutes les principales régions corporelles, délimité par les articulations, reçoivent la dose d’exercice nécessaire à leur développement et leur tonification.

3° Les mouvements sont d’exécution dynamique, c’est-à-dire correspondent à un travail réel.

Ce caractère s’op­pose au statisme des mouvements lents et hypercorrects, ainsi qu’à ces positions et attitudes figées dont on a fait (et dont on fait parfois encore) l’élément d’effica­cité des Gymnastiques méthodiques.

Le dynamisme, con­dition de la bonne activité musculaire et de la modération des dépenses nerveuses, s’obtient par le rythme assez ra­pide, mais non précipité, qui correspond, en moyenne, à l’exécution en une seconde des deux « temps » d’un mou­vement analytique.

Ce rythme entraîne l’automatisme des gestes, qui se font par coordination des réflexes moteurs, tandis que l’exercice lent, statique, exige l’intervention constante de l’attention et de la volonté.

Or, il importe au­tant de ménager l’activité nerveuse que de stimuler l’acti­vité musculaire.

4°) Chaque mouvement étant localisé sur un groupe musculaire et répété de 15 à 30 fois, son effet est d’abord de Tonification et de Développement musculaires, effet qui s’obtient d’autant plus aisément que cet exercice local peut être exécuté énergiquement puisqu’il ne détermine pas une augmentation très marquée du travail des grands ap­pareils organiques, respiratoire, circulatoire, nerveux.

5°) Tout le système articulaire se trouve assoupli et vi­vifié par cette Gymnastique Fondamentale, puisque chacun des mouvements a pour effet de mettre en action, dans tou­te l’amplitude de son jeu une des articulations du squelet­te.

Particulièrement celles de ces articulations qui, chez la plupart des gens, s’enraidissent fatalement du fait que les mouvements habituels ne les font jouer que sur une faible surface de leurs fibro-cartilages, l’épaule, la hanche, la colonne vertébrale, sont soumises à de nombreux exer­cices d’assouplissement ou, si l’on préfère, de rodage.

6°) La Gymnastique Fondamentale a grand effet sur la fonction respiratoire, parce que presque tous ses mouve­ments, exécutés sur deux temps doivent être coordonnés avec les deux temps respiratoires, inspiration et expiration.

Un assez grand nombre de mouvements, ceux consacrés au tronc et à l’abdomen, sollicitent des respirations particu­lièrement profondes et bien menées.

7°) Chacun des mouvements produisant ses effets locaux particuliers, on obtient, en outre, de leur ensemble tous les effets généraux de l’exercice quand cet ensemble est exécuté à allure vive, sans pauses, de façon à maintenir une activité corporelle continue pendant 20 à 30 minutes.

Au contraire des gymnastiques lentes, statiques, entrecou­pées de longues explications et de minutieuses rectifications d’attitude, la Gymnastique Fondamentale dynamique accélère, coordonne, améliore, toutes les grandes fonctions or­ganiques.

Elle détermine notamment :

-l’augmentation des échanges respiratoires, c’est-à-dire de la respiration vraie, tissulaire.

-l’accélération du débit circulatoire, donc la to­nification du cœur,

-l’assouplissement des artères, la chas­se du sang veineux ; l’élévation du métabolisme, grâce à une désassimilation poussée des réserves nutritives et des tissus vieillis, ce qui entraîne une assimilation compensa­trice de matériaux neufs ; la stimulation de tous les actes de digestion, d’épuration et d’élimination ; l’établissement et la coordination de bons réflexes moteurs.

Ainsi, bien qu’exercice analytique, la Gymnastique Fondamentale aux effets structuraux remarquables, obtient aussi tous les effets fonctionnels qu’assez souvent on attribue exclusive­ment aux exercices synthétiques, aux jeux, aux sports, aux mouvements naturels, aux travaux professionnels.

8°) La simplicité des mouvements et leur facilité d’exé­cution les met à la portée des faibles et maladroits, et rend fort aisé leur enseignement.

9°) Le dosage de l’exercice, basé sur la dépense d’éner­gie, se fait avec la plus grande précision 

-1° par le nom­bre de mouvements (10 à 40) dont se compose la séance ;

-2° par le nombre de répétitions (5 à 30) de chacun de ces mouvements ;

-3° par le nombre de mouvements respira­toires que l’on intercale ;

-4° par le poids de la Résistance, qui, d’abord simple bâton, peut devenir barre de fer de un, deux, quatre, et même six kilos.

La séance complète, à 20 répétitions des 40 mouvements, exécutée à cadence vive, soit en 20 minutes, avec une barre de 6 kilos, est un exer­cice de grande intensité, à portée seulement d’un athlète bien entraîné.

Une séance au bâton, comportant 10 mou­vements à 5 répétitions, coupés, de deux en deux, par un mouvement respiratoire, est à portée d’un grand affaibli, malade, d’un cardiopathe.

Entre ces deux extrêmes, toutes les intensités sont possibles et exactement mesurées par les quatre éléments de dosage.

Tous ces caractères de la Gymnastique Fondamentale facilitent grandement la prescription, l’emploi et le con­trôle de l’exercice pratiqué dans un but thérapeutique.

Le Médecin au lieu de se borner à de vagues recommanda­tions. Exercice modéré, Sujet à ménager, gymnastique corrective, etc… peut formuler, par leurs noms, les exerci­ces qu’il désire faire exécuter, comme il peut doser exactement leur intensité et leur progression.

Et le Gymnaste médical est à même de rendre compte avec précision des exercices auxquels il a soumis les malades que le médecin lui a confiés.

En Kinésithérapie, puisqu’il faut l’appeler par son nom, on peut donc considérer la Gymnastique Fon­damentale comme le « Formulaire des exercices de base » formulaire que tout praticien a intérêt à « savoir par cœur ».

Nous donnons par conséquent en un Tableau dé­pliant placé en fin de volume les figures et la description de la plupart de ces mouvements gymnastiques.

Extrait du livre du Docteur Jean-Edouard RUFFIER 

« Traité pratique de gymnastique médicale » (édition épuisée)


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