10- Test à l’effort « RUFFIER »

Extrait du livre du Docteur Jean-Edouard RUFFIER

« TRAITÉ PRATIQUE DE GYMNASTIQUE MÉDICALE »

(édition épuisée)

L’indice de Résistance du Cœur.

Pour mener à bien la gymnastique des cœurs faibles et lésés il faut disposer d’un Test ou d’un Indice. Mesurant d’abord cette puissance au début, on pourra suivre avec précision son amélioration progressive au cours du trai­tement. C’est l’emploi d’un tel Indice qui nous fera saisir et admettre l’excellence des réactions du cœur à l’exercice. J’ai donc mis au point un Indice de Résistance du cœur à l’effort qui m’a paru un peu plus exact et d’application plus commode que ceux de Lian et Martinet qui sont entrés dans la pratique des cardiologues. Pour l’établir, je suis passé par des calculs et des formules assez compliqués. Mais à la pratique, tout cela s’est simplifié, pour aboutir à un Indice très facile à calculer, tout en restant basé sur des certitudes physiologiques.

Cet indice se formule :        P + P’ + P » – 200

10

Il tient compte des variations qu’un exercice court mais assez intense fait subir au pouls. Il faut donc noter

1° le pouls P avant l’exercice;

2° le pouls P’ aussitôt après l’exercice;

3° le pouls P » une minute après l’exercice.

L’exercice d’épreuve doit être typique, unifié, afin que les résultats soient toujours comparables.

Le Pas gymnas­tique sur place n’est pas à adopter, parce qu’il aboutit à un travail bien différent suivant la façon dont il se fait, en levant plus ou moins les pieds, à une allure plus ou moins vive.

J’ai préféré l’Accroupissement à fond sur les jarrets. Ce travail musculaire peut être mesuré et contrôlé, exécuté à une cadence propice, et il est proportionnel au poids du sujet, donc à la puissance que celui-ci devrait avoir.

L’accroupissement doit être répété 30 fois de suite, en 45 secondes, avec expiration en s’accroupissant, inspi­ration en se relevant.

Les 20 ou 10 accroupissements qu’on préconise généralement me paraissent insuffisants à met­tre la plupart des cœurs à l’ouvrage. Il n’y faut recourir que pour les cardiaques avérés.

Le 3° pouls P » est pris une minute après l’exercice. Pour des tests analogues, on prend le pouls de minute en minute jusqu’à ce qu’il soit revenu au rythme de repos; c’est alors le temps nécessaire à ce retour qui juge essen­tiellement de la puissance du myocarde.

Le procédé de­mande du temps, parfois dix à quinze minutes et ces pri­ses de pouls multipliées sont fastidieuses.

Après effort, un pouls revient d’autant plus vite à la normale qu’il s’en rapproche davantage dans la première minute qui suit cet effort. Ce principe m’a permis de ne te­nir compte que du pouls pris une minute après la fin de l’effort.

Pour prendre successivement les trois pouls P, P’, P », il faut immédiatement après l’exercice, compter les pulsa­tions pendant quinze secondes et multiplier le résultat par quatre.

Si l’on agissait autrement pour P’ et P », en comp­tant les pulsations pendant une minute, celles-ci se ralen­tissant pendant cette minute même, on n’aurait pas le compte exact des pulsations au moment de la cessation de l’effort, ou une minute après.

Les accroupissements s’exécutent donc devant le méde­cin ou le Gymnaste qui tient les deux mains du sujet dans les siennes, pour conduire le mouvement par une faible pression, tout en assurant l’équilibre que la plupart des gens ont peine à conserver.

On règle la cadence en comptant de un à trente, sur le rythme convenable.

Pour établir l’indice, on additionne P + P’ + P »; du total obtenu on soustrait 200 ; on divise par 10 la diffé­rence obtenue.

Pourquoi soustraire 200 du total des trois pouls ? C’est qu’il faut établir un rapport entre ces pouls et le pouls normal de repos. Celui-ci correspond à environ 70 pulsa­tions ; mais on peut estimer à 66 ou 67 le pouls d’un bon cœur moyen, ce qui nous donnera 200 pulsations pour le total de 3 pouls moyens à comparer au total des 3 pouls de l’épreuve.

La différence entre les deux nombres ainsi obtenus nous indiquera l’influence de l’exercice sur le cœur considéré.

Le calcul avec 200 et non 210 (pour 70 X 3) se fait très facilement; il suffit en général de barrer le pre­mier chiffre, le 2, du total des 3 pouls.

Pourquoi diviser le résultat par 10 ? Pour obtenir un nombre faible, plus facile à classer et à retenir, et qui soit en rapport avec les indices respiratoire et de robustesse, qui ne comportent que 0 à 15 unités. D’autre part, cette division s’effectue instantanément en plaçant une virgule devant le dernier chiffre du résultat.

 

Soit un sujet, premier cas, dont le pouls est :

P au repos :                                                                76

P’ après 30 accroupissements :                              132

P » une minute après 30 accroupis. :                        90

Nous aurons P + P’ + P » :                                       298

Retranchons 200, reste                                             98

Divisons par 10, reste                                                 9,8

C’est un indice de résistance cardiaque médiocre.

Cas : nous avons :

P = 88

P’ = 160

P » = 120

Total: 368. – 200 = 168 : 10 = 16,8

Indice d’une très faible résistance cardiaque.

Cas :

P = 56

P’ = 80

P » = 56

Total 192 – 200 = – 8

Divisé par 10 = 0,8

Indice négatif; grande résistance à l’effort ; cœur très musclé, athlétique.

Cet indice cardiaque catégorise donc nettement trois cœurs de puissance fonctionnelle très différente. Nous trouverons aisément des cas intermédiaires. Mais en ta­blant sur ces cas-types, nous pouvons affirmer que le 3° sujet peut se livrer à son gré à toutes les activités spor­tives, son cœur aussi souple que robuste les supportera ; il sera même l’agent essentiel de sa haute valeur athléti­que.

Le 1er cas est celui de l’homme moyen qui se juge bien portant mais dont le cœur peu vigoureux peut être con­sidérablement fortifié par l’exercice physique. S’il se sou­met régulièrement à cet exercice, progressivement intensi­fié, son indice s’améliorera nettement. Après trois mois, il sera souvent devenu :     70 + 120 + 70 – 200 = 60 : 10 = 6.

Si le sujet est jeune, au-dessous de 25 ans, des exer­cices sportifs de grande énergie le doteraient d’un cœur athlétique à indice proche du zéro ou au-dessous.

Le 2° cas est celui d’une Insuffisance fonctionnelle ca­ractérisée. Bien que les 2 premiers chiffres indiquent que cette insuffisance est très marquée, les 30 accroupisse­ments doivent être réduits à 10, et même supprimés, par prudence. Il s’agit d’un malade justiciable des soins d’un cardiologue. Cependant cette insuffisance peut résulter d’une simple hypotrophie du myocarde, d’un manque de développement du cœur. Elle peut aussi être la conséquen­ce d’une lésion de l’organe ou de divers troubles circula­toires. Mais c’est toujours une faiblesse du myocarde qui peut être efficacement combattue par l’exercice méthodi­que. Celui-ci devra être bien dosé, bien réglé, bien contrôlé. L’indice de résistance permettra de réaliser cette cure, qui se confond, dans sa méthode, avec celle des cardiopathies avérées.

Test RUFFIER

 

Détermination du test

Détermination de la fréquence cardiaque de repos P (1 minute)
Le sujet est au repos, allongé.

Détermination de la fréquence cardiaque à l’ effort   P’ (15 secondes X 4)

Le sujet doit effectuer 30 flexions des jambes en 45 secondes.

Détermination de la fréquence cardiaque de repos après effort P » (15 secondes X 4)
Une minute après la fin de l’exercice,

 

L’indice de Résistance du Cœur.

 

Pour établir l’indice, on additionne P + P’ + P »; du total obtenu on soustrait 200 on divise par 10 la différence obtenue.

Cet indice se formule :        P + P’ + P » – 200

10

P au repos

P’ après 30 accroupis en 45 secondes :  comptage pouls sur 15 secondes X 4

P » après 1 minute de repos :                   comptage pouls sur 15 secondes X 4

 

Les résultats

Indice de Ruffier :
Indice < 0 = très bonne adaptation à l’ effort
0 < indice < 5 = bonne adaptation à l’ effort
5 < indice < 10 = adaptation à l’ effort moyenne
10 < indice < 15 = adaptation à l’ effort insuffisante
15 < indice = mauvaise adaptation à l’ effort – bilan complémentaire nécessaire

Extrait du livre du Docteur Jean-Edouard RUFFIER

« TRAITÉ PRATIQUE DE GYMNASTIQUE MÉDICALE »  (édition épuisée)


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